Plan d’action : comment vérifier l’accessibilité d’un site avec les critères WCAG ?
Démarche globale en 4 étapes
- Lire et comprendre les principaux critères WCAG
- Utiliser des outils d’évaluation automatique
- Procéder à des tests manuels
- Recueillir l’avis de personnes concernées
1. Comprendre les critères les plus importants
Il existe 78 critères répartis du niveau A au niveau AAA dans la version 2.1 des WCAG (W3C Quick Reference). Certains sont particulièrement essentiels :
- Textes suffisamment contrastés (critère 1.4.3 : contraste minimal de 4,5:1 pour les textes normaux)
- Présence d’alternatives textuelles pour les images et vidéos (critère 1.1.1)
- Structure des titres et des pages claire (critère 1.3.1)
- Navigation accessible au clavier seul (critère 2.1.1)
- Présence de sous-titres pour les vidéos (critère 1.2.2), crucial pour les personnes sourdes et malentendantes
Selon le rapport de WebAIM (2023), 96,3% des pages d’accueil testées avaient au moins une erreur de contraste, 76% des images sans alternative textuelle et 70% présentaient des problèmes de structure de titres.
2. Outils d’évaluation automatique accessibles à tous
De nombreux outils gratuits analysent les sites et pointent rapidement les principales erreurs. Voici les plus fiables, utilisables sans compétences techniques avancées :
- WAVE (https://wave.webaim.org/) : Idéal pour un premier diagnostic visuel.
- axe DevTools : Extension pour Chrome/Firefox, très intuitive, qui balise les problèmes selon les normes WCAG.
- Lighthouse (Google Chrome) : Inclut un audit d’accessibilité dans le menu « Outils de développement ».
- AChecker : Outil en ligne simple permettant d’auditer une page entière (https://achecker.achecks.ca).
Attention : aucun outil automatique n’est exhaustif ! En général, ils détectent entre 20% et 40% des barrières réelles (source : Gouvernement britannique, Service Design Manual).
3. Tester manuellement… c’est indispensable
Rien ne remplace l’exploration d'un site « comme si on avait un handicap ». Différents handicaps, différentes méthodes :
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Utiliser uniquement le clavier : Essayez de parcourir un site avec la touche Tab et Entrée ; tous les liens, menus et formulaires doivent être accessibles sans souris.
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Désactiver les images dans votre navigateur pour vérifier que les textes alternatifs sont clairs.
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Utiliser un lecteur d’écran (NVDA, VoiceOver, JAWS). Même si on n’est pas spécialiste, on peut constater si la vocalisation est fluide et non confuse.
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Activer les sous-titres sur les vidéos – tester si la transcription retranscrit bien le sens, pas juste une traduction mot à mot.
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Changer la taille du texte : Zoomer jusqu’à 200% ne doit pas faire « casser » la présentation.
4. Impliquer les principaux concernés
Un audit réussi implique toujours les usagers. Demander à une personne sourde, malentendante ou atteinte d’un autre handicap de parcourir le site, c’est recueillir des retours précieux et souvent impossibles à anticiper par une machine. Les associations, comme Pro Infirmis en Suisse ou WebAIM, proposent parfois des panels utilisateurs ou des accompagnements spécifiques.